L'AUTORAIL CREUSOIS
Nouveau : Calendrier 2017

LA LIGNE DE GUERET A FELLETIN

Dès le franchissement du pont de Cherbailloux à la sortie de GUERET, la ligne descend à flanc de collines, contournant le puy de GAUDY, haut lieu historique, pour atteindre la petite gare de STE FEYRE aujourd'hui désaffectée mais rachetée par la commune et transformée en maison des associations tout en lui conservant son cachet d'origine et ses annexes.

Trois kilomètres de montée puis la ligne plonge vers la vallée de la Creuse passant près du très joli bourg de ST HILAIRE LA PLAINE pour arriver en gare de BUSSEAU SUR CREUSE.

Cette gare de bifurcation, véritable petit manoir, peinte couleur saumon, connaissait un trafic important avec une trentaine de trains journaliers dont 2 liaisons BORDEAUX/LYON et retour en journée assurées par turbo trains et une de nuit en train avec voitures couchettes plus une liaison estivale de nuit LA ROCHELLE/ ST GERVAIS - LE FAYET aller et retour avec quelques circulations supplémentaires en période de vacances, Noël et Pâques.

Par ailleurs, sont conservés et transformés en bureaux, après avoir été rachetés par une fromagerie, la remise pour deux locomotives et le foyer d'hébergement du personnel de conduite et d'accompagnement. La plaque tournante a disparu. Les sousbassements des anciens châteaux d'eau subsistent, la cuve de celui implanté près de la vallée était bardée et recouverte d'un chapeau de bois afin d'éviter le gel. En contre bas du viaduc on aperçoit la prise d'eau et son système unique pour descendre le charbon utilisé par la locomobile par une goulotte alimentée depuis le viaduc.

Au bout des aiguillages, l'imposant viaduc métallique lourd de ses 2.000 tonnes, conçu par les ingénieurs NÔRDLING, GEOFFROY et THIRION a été mis en place par LLOYD. D'une longueur de 338,70 mètres, il domine la vallée de ses 56,50 mètres offrant au sud un large panorama et au nord l'entrée dans une gorge étroite. Construit pour le passage de deux voies, il n'en subsiste plus qu'une, la première ayant été déposée au début des années 1950.

Le viaduc passé, la bifurcation laisse filer au nord la ligne vers MONTLUCON avec une rampe sur 9 kilomètres, et vers le sud l'itinéraire sur USSEL limité à FELLETIN depuis 1979.

La ligne va longer un superbe mur de soutènement de 500 mètres avant de s'engouffrer dans un tunnel à parois consolidées par des briques. Un peu après la sortie, un passage à niveau surplombe la voie d'une vingtaine de mètres, un escalier le relie aux barrières.

Puis le viaduc en courbe de LA VILLATTE construit en pierres, et une vue panoramique s'ouvre sur la vallée.

Tandis que la voie longe la rive droite de la Creuse, on aperçoit le viaduc sous un autre angle avec ses piles effilées. Sur l'autre rive, perché sur son rocher, se dresse le château de CHANTEMILLE datant du 15 siècle que l'on visite en période estivale, et dont l'accès se fait soit par route soit par une passerelle installée sur les piliers d'un ancien pont romain enjambant la rivière.

Surmontant les collines, le clocher de l'église d'AHUN et une partie du bourg se dévoilent.

Puis se profile la petite gare du MOUTIER D'AHUN qui tire son originalité du fait qu'il s'agit d'une halte sans voie d'évitement, mais elle possède une halle aux marchandises desservie par un embranchement. Autre point de curiosité, son block sanitaire et sa lampisterie sont en briques et agrémentés de planches sculptées sous les toits, le tout entièrement restauré.

Cette gare desservait le bourg du MOUTIER D'AHUN connu pour son église romane du 10 siècle célèbre par les boiseries et sculptures en chêne et châtaignier qui ornent le chœur et l'abside.

Puis la ligne va traverser le bassin minier sur 15 kilomètres. Exploité de 1779 à 1969, 12 millions de tonnes de houille sont extraites du sous sol. L'exploitation a connu son apogée de 1840 à 1880 avec un pic de 354 000 tonnes en 1876.

Le bourg de LAVAVEIX LES MINES, au départ simple lieu dit devient prospère avec de nombreuses usines, cokeries, verreries, fours à chaux, briqueterie pour la construction des logements de mineurs, corons et casernes, et pour les bâtiments d'exploitation ou administratifs.

2000 mineurs seront employés en 1870 et LAVAVEIX devient une commune important par le nombre d'habitants, ses commerces, ses services publics dont une gare et une gendarmerie.

Un itinéraire découverte est crée depuis 2012 afin de mettre en valeur le patrimoine et on peut voir la maison du Directeur, les ateliers de maintenance où l'on travaillait le fer et le bois, les laveries, les sites d'extraction avec leurs terrils, le faubourg ST JACQUES avec ses corons et ses casernes, les anciennes écoles privées etc.

Viennent ensuite les anciennes haltes de ST MARTIAL LE MONT et VAVEIX ISSOUDUN où se trouvent encore des vestiges de l'exploitation avec un embranchement, puis FOURNEAUX gare terminus de la ligne de 1864 à 1871 avant de rejoindre la vallée encaissée par une pente sur 3 kilomètres.

Un cadre magique s'offre à la vue, la ligne côtoyant la Creuse. Les ouvrages d'art se succèdent, murs de soutènement, ponts, tunnels, tous ayant un cachet bien spécifique. Les bourgs perchés sur la rive opposée et les moulins paraissent majestueux. La Creuse très prisée sur ce parcours par les pêcheurs de truites s'écoule telle une rivière de montagne.

Avant d'atteindre AUBUSSON, les vestiges de la chapelle STE MADELEINE dénotent de l'importance du lieu un passage à niveau gardé permettait de s'y rendre en toute sécurité.

C'est à cet endroit précis que le déraillement d'un train de voyageurs en 1914 a entraîné locomotive et tender dans la rivière et qu'une dérivation du cours a été mis en place afin de remonter le matériel sur les voies.

AUBUSSON, capitale de la tapisserie apparait. Le complexe de la gare intact où les bâtiments et agrès sont encore en place bien que noyés dans la végétation, grue pour le chargement ou déchargement des wagons, gabarit, bascule, halle "petite vitesse", halle "grande vitesse" et enfin le bâtiment voyageurs désaffecté.

Comme BUSSEAU, un manoir avec en prime sa verrière pour protéger le quai, les bancs pour attendre le train, le tout en parfait état.

La ville possède de nombreuses animations et un patrimoine, architectural avec le cœur de la vieille ville, le château, culturel avec les musées et la tapisserie et enfin industriel.

En repartant la voie longe l'ancien dépôt transformé en habitation, enjambe la Creuse avant de poursuivre soit en tunnel, soit en galerie profonde toute la traversée de la ville. A la sortie, on devine l'ancien embranchement de l'usine à gaz où chaque jour des wagons approvisionnaient le réseau urbain.

La ligne va reprendre une pente sévère pendant 11 kilomètres en longeant la Creuse avant de l'enjamber une dernière fois au pont du THYM. Seul répit, le passage de la gare de MOUTIER ROZEILLE, petit bâtiment habité ayant conservé sa splendeur avec son potager, son puits, ses sanitaires et sa lampisterie, la gare aux marchandises ayant été rasée.

C'est par la vallée étroite du ruisseau des Granges , qu'elle partage avec la route que la ligne atteint le tunnel de faîte des Granges de belle architecture avec ses frontons d'entrée indiquant les dates de percement, puis la descente vers FELLETIN, berceau de la tapisserie

FELLETIN est également une cité active où l'on découvre près de la gare une partie du patrimoine bâti et culturel avec le château et son église où se tient une exposition sur la tapisserie, la vieille ville et quelques maisons aux façades classées, artisanal avec une filature de laine et des ateliers de tapisserie en activité, un musée de la diamanterie.

 Au cours du voyage, grâce à la sonorisation, tous ces thèmes sont abordés et présentés dans le détail.

Les 3 heures d'arrêt à AUBUSSON et FELLETIN permettent de découvrir les cités avec l'aide des Offices de Tourisme qui fournissent les indications et dépliants nécessaires.